Grossesse et course à pied avec Christelle Daunay

Rédaction

vendredi 22 février 2019

A l’heure de l’avènement de la course à pied au féminin, la question de la pratique d’une activité physique pendant la grossesse est plus que jamais d’actualité. L’occasion de faire le point avec Christelle Daunay, détentrice du record de France du marathon (2h24’22), qui vient de donner naissance à son premier enfant après 15 ans de haut niveau.

Sport et grossesse peut sembler incompatible au premier abord. Et pourtant, conserver une activité physique régulière pendant ce moment important est vivement recommandé. « Il faut accepter les changements du corps et ce nouveau rythme de vie, surtout lorsque l’on est habitué à faire 11 entrainements par semaine. Mais poursuivre le sport est essentiel » précise la championne. Les objectifs changent et l’activité physique devient alors un moyen de mieux vivre sa grossesse.

Continuer à courir, c’est possible

Toute femme désirant conserver une pratique sportive doit bien évidemment consulter son généraliste et son gynécologue pour prévenir de tout risque et obtenir le feu vert. Pour une joggeuse régulière, la course à pied peut se poursuivre pendant les premiers mois de grossesse, certaines prolongeant même jusque dans les dernière semaines avant le terme. La clé, c’est de savoir s’écouter et réduire fortement l’intensité de ses entrainements avec des footings, en privilégiant des sols souples pour limiter les impacts.

« Chaque femme vit sa grossesse différemment. Je voulais continuer à courir mais je n’ai finalement ni trouvé l’envie, ni le plaisir de poursuivre sans ma foulée habituelle. Ce temps d’arrêt et d’acceptation m’a permis de me projeter dans l’après carrière de haut niveau » avoue Christelle Daunay, qui n’a pas arrêté le sport pour autant. « J’ai trouvé mon bien-être ailleurs. On a besoin de maintenir cette routine sportive quand elle fait partie de notre quotidien. C’est pour notre bien ! ».

Varier les activités non traumatisantes

De nombreux autres sports sont compatibles avec la grossesse sans mettre en danger l’enfant. « En tant que coureuse, j’ai gardé ma routine de gammes, de travail de pied et de renforcement musculaire sans charges pour conserver une tonicité et entretenir les muscles. J’ai également pratiqué de l’aquajogging, de la natation et du vélo ». Ces activités dites « portées » ou d’endurance sont idéales pour la femme enceinte et peuvent se pratiquer chaque semaine. « Il faut éviter tout effort intense et maitriser l’essoufflement pour ne pas priver le bébé d’oxygène » rappelle la championne d’Europe de Marathon. « Il est aussi conseillé de bien travailler le souffle et la respiration, nos organes se comprimant avec la croissance du bébé. Bien respirer pour se détendre, c’est aussi un plus, surtout à l’approche du jour-J ! »

Un équilibre de vie

Il ne faut pas voir l’activité physique comme un moyen de perdre du poids mais avant tout comme un équilibre qui corresponde à la mère et l’enfant. Le sport, pratiqué raisonnablement, apporte de la confiance en soi, réduit le stress et les risques liés à la grossesse. Il faut apprendre à maîtriser son effort, à ne pas dépasser ses limites et surveiller son rythme cardiaque sans prendre de risques : « On ne doit pas se précipiter et profiter de cette période de vie. Le sport nous aide à mieux l’accepter. » Tout est une question de modération.

Conserver une activité pour mieux récupérer

Pour toute sportive, l’objectif de l’après grossesse est de retrouver son poids de forme, son niveau et son rythme d’entrainement. « Il ne faut pas brûler les étapes mais je n’ai qu’une envie, c’est de pouvoir courir à nouveau et retrouver mes sensations » ne cache pas Christelle. Si conserver une activité régulière permettra de retrouver la forme dans de meilleures conditions, cela aide aussi mentalement à se projeter plus sereinement vers la suite. Faire du sport enceinte, c’est résolument bon pour le moral et la santé. Alors pourquoi s’en priver si vous le pouvez ?

Photo R.Blomme